La métaphore du trou noir

Métaphore du trou noir

Les trous noirs célestes absorbent la lumière, car ils ont ce rôle d’être un «passage» pour alimenter un développement complexe dont nous ne savons pas encore toutes les implications. À l’heure actuelle, personne ne sait vraiment comment fonctionne un trou noir. Même les astrophysiciens décrivent cet événement astronomique comme une sorte d’énigme qui dérange notre compréhension d’un univers où tout aurait commencé par un Big Bang pour se terminer par un Big Crunch. Selon la dernière hypothèse en liste, les trous noir célestes que l’on retrouve autant au centre des soleils qu’au centre de toutes les galaxies pourraient être la mémoire de l’univers et même son origine *.

Si nous nous plaçons à notre échelle humaine pour comprendre ce phénomène, nous pourrions déceler au centre même de notre organe de perception visuelle de mini «trous noirs» que nous appelons pupilles, directement reliés à notre cerveau par de multiples terminaisons nerveuses. Comme les trous noirs célestes, tels des aspirateurs, nos pupilles attirent à elles toutes les ondes visibles de notre environnement. Nos pupilles deviennent des sortes de portails où l’information visuelle s’engouffre pour être ensuite réorganisée, restructurée, recomposée, voire complètement transformée au point de ne plus avoir de liens avec son état initial d’ondes visibles. Une sorte de transmutation magnétique a lieu qui participe à l’organisation moléculaire du cerveau et devient potentiellement une «nourriture» pour les différentes réactions chimiques et électriques.

Suivons le trajet de la lumière que nous absorbons par nos pupilles pour nous rendre compte qu’elle alimente aussi…notre imagination. Fermez vos yeux un instant et essayez de visualiser le visage d’un de vos amis, de votre maison, d’un objet précieux ou même d’une page de texte. Votre cerveau s’efforcera de recomposer la lumière qui correspond le plus possible à la manifestation physique. Votre machine à images ira chercher, en plus de la lumière qu’elle avait enregistrée, des sons, des sentiments et même d’autres images pour «réinventer» la situation, redécouvrir le souvenir et surtout recréer une autre dimension dès plus virtuelle. Cet exercice de visualisation vous permet de faire revivre ce que vos sens ont capté dans ce que vous considérez comme une réalité intérieure. Les petites sphères noires de l’œil vous aident, par le biais d’un transfert physiologique, autant à structurer vos pensées et à nourrir votre imaginaire qu’à sélectionner des éléments qui pourraient susciter, dans un deuxième temps, des réflexions philosophiques comme des introspections.

Nos pupilles sont donc des «espaces» lumineux d’une profondeur dépassant largement le rôle de capteur de lumière puisqu’elle prépare les éléments perçus à devenir…autre chose.

Dans notre propre corps, par le biais de notre organe de perception visuelle, il existe donc une structure de conversion qui permet autant de modifier notre regard sur la réalité que de transformer des ondes visibles afin qu’elles soient utilisées pour différents développements. Toutes les composantes de ce monde ondulatoire, enregistrées par notre organe de perception visuelle, sont constamment dans une sorte de «passage», les pupilles, où elles participent toutes les fractions de secondes à notre évolution. Si on retourne à l’échelle cosmique, on pourrait considérer que le trou noir sidéral, comme la pupille, est un espace de transformation qui, potentiellement, nous amènerait à comprendre notre environnement et grâce auquel on pourrait enrichir nos interactions avec le réel.

* BRUNIER Serge. «Trous noirs. Ils seraient les créateurs du monde», Science et vie, avril 2010, no 1111,  P.55-71

Michel Delage

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