Les archétypes : Une interface de transfert pour notre équilibre psychique

Réflexions sur les archétypes avec des citations de WIKIPÉDIA

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  1. Une tradition philosophique définissant des principes constitutifs
  2. Une preuve de l’existence d’une mémoire collective
  3. Une structure de représentation universelle faisant office d’interface de transfert
  4. Un champ de signification pour l’imaginaire humain

1-    Pour Platon, le monde intelligible (le monde réel, des hommes et de leurs perceptions) n’est que le reflet d’un monde idéal, formé de pures idées. Il s’agit de la théorie des idées platonicienne, que le philosophe Plotin, fondateur de l’École néoplatonicienne de Rome, reprend et développe, et qui a beaucoup inspiré Jung. Le philosophe grec Xénocrate donne cette définition de l’« Idée » ou « Forme intelligible » selon Platon : « L’Idée est la cause qui sert de modèle aux objets dont la constitution est inscrite de toute éternité dans la nature ». En réalité, le concept est utilisé dès avant Platon, par les présocratiques, qui mettent en avant des principes constitutifs des phénomènes, les archè en grec ancien (traduit souvent par les « principes »). Wikipédia

Les phénomènes perçus peuvent être traduits en principes constitutifs liés à plusieurs idées, lesquelles peuvent se simplifier en signaux électriques, magnétiques ou calorifiques, transférables en représentations symboliques archétypales (images primitives). 

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2-    Le concept d’« archétype » chez Jung est intimement dépendant de celui, tout aussi novateur, d’inconscient collectif. Jung fut le premier à postuler, en psychologie et psychanalyse, l’existence d’un inconscient commun à tous les hommes, et se retrouvant dans les mythes et dans les productions de l’humanité. En soi, l’archétype est une image originelle qui existe dans l’inconscient, mais qui n’est pas issue de l’expérience personnelle. L’archétype en lui-même est une énergie probablement indépendante de l’esprit humain, de nature transcendante, et qui possède la particularité d’être un élément de transformation.  Wikipédia

 Les êtres humains ont hérité d’un bagage génétique et magnétique mais aussi d’une mémoire collective permettant de faire vivre des transformations d’ordre psychique au niveau social et personnel. Les images mentales utilisées pour la construction de nos mythes et de nos histoires racontées servent souvent de cadres mnémotechniques pour réactualiser le sens de notre évolution et enrichir la qualité de notre conscience face à notre environnement. 

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1-    « Les archétypes sont les formes instinctives de représentation mentale ». Jung pense ainsi que les archétypes sont issus des instincts les plus anciens de la bio-psychologie humaine, et qu’ils ressortent de la phylogénèse* du vivant, conditionnant les représentations.  Wikipédia

 Nos patterns comportementaux et relationnels sont issus d’une bio-psychologie humaine. Leurs représentations imagées servent d’interface entre le développement électrique, magnétique et chimique de notre corps et nos interactions avec notre environnement. 

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1-    Murray Stein, dans le Dictionnaire International de la Psychanalyse (2005), résume ainsi le concept jungien d’archétype : « [L’archétype] est chargé de coordonner et d’organiser l’équilibre homéostatique de la psyché ainsi que ses programmes de développement et de maturation. Un des archétypes, le Soi, est au centre de cette coordination de l’ensemble de la dynamique psychique auquel il donne son ossature. L’archétype lui-même n’est pas directement accessible à l’expérience ; seules ses images et les schèmes créés par lui deviennent manifestes et perceptibles par la psyché. La quantité et la variété de ces images archétypiques sont virtuellement sans limites. On trouve ces schèmes universels inscrits dans les mythes, dans les symboles et les idées des diverses religions, et transmis dans les expériences numineuses*; ils sont souvent représentés aussi dans des rêves symboliques et appréhendés dans les états de conscience altérés.  Wikipédia

 La représentation archétypale aide à fixer en images autant le sens sacré de la vie que la mouvance de notre identité nationale. Cette dimension symbolique nous permet de schématiser les multiples niveaux de notre condition humaine et d’établir un équilibre à la fois psychologique, psychique et spirituel.

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article_42-    L’archétype est donc une somme et une complexion (un schème) d’énergie psychique et c’est de cette nature qu’il tire son ascendance sur la psyché. Au fur et à mesure du développement des représentations mentales, et au fil des temps, les archétypes se stratifient et organisent l’appareil psychique. Pour Jung, ce processus est naturel dans le sens où il est programmé dans le vivant et s’apparente à la croissance des plantes. Jung ajoute, dans Types psychologiques, qu’ils sont « une forme symbolique qui entre en fonction partout où n’existe encore aucun concept conscient », c’est pourquoi la forme même de l’archétype est impossible à représenter : la conscience en perçoit seulement les manifestations à travers le filtre de la culture, principalement les motifs mythologiques ou les émotions numineuses dans les rêves.  Wikipédia

 La conscience de la relation entre les faits extérieurs et les divers développements intérieurs issus de notre corps et de notre esprit cherche à se manifester dans un langage simple. Nous nous inventons des images qui peuvent en réfléchir le degré d’évolution afin de raffiner une structure de représentation.  

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3-    Représentant des thèmes universels, à la source de toute interrogation humaine sur son devenir ou sa nature, tous les archétypes forment en effet un « champ de significations » (un peu comme les électrons existent au sein d’un champ physique) regroupant la totalité des représentations humaines.

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Au départ, le « sens de la réalité » n’est jamais personnel, car il fait partie d’un champ de connaissances collectif signifiant pour toutes les sociétés. Ce champ de significations ressemble à nos nuages informatiques modernes où les humains  puisent de l’information à la fois structurante et inspirante, convaincus que le nuage fera partie intégrante de la mémoire individuelle et collective.

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article_6–       « Les archétypes sont donc doués d’une initiative propre et d’une énergie spécifique. Ils peuvent aussi, à la fois, fournir dans la forme symbolique qui leur est propre, une interprétation chargée de sens, et intervenir dans une situation donnée avec leurs propres impulsions et leurs propres pensées. À cet égard, ils fonctionnent comme des complexes. Ils vont et viennent à leur guise, et souvent, ils s’opposent à nos intentions conscientes ou les modifient de la façon la plus embarrassante. On peut percevoir l’énergie spécifique des archétypes lorsque l’on a l’occasion d’apprécier la fascination qu’ils exercent. Ils semblent jeter un sort. » 

Notre inconscient collectif possède un bagage mnémonique qui réactualise et réorganise notre structure mentale en transférant nos idées et nos croyances dans des ancrages visuels abstraits. Notre inconscient collectif reconnaît instantanément les images qui sont propices à la construction de notre équilibre psychique. 

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Représentation symbolique d’un système d’images abstraites capable de transposer l’équilibre psychique en un nombre fini de variation

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 *Numineux :

Adjectif masculin invariant en nombre qui présente à l’expérience humaine le caractère sacré

Nom masculin invariant en nombre élément qui permet à un être, une chose d’avoir un lien avec le sacré

*phylogenèse :

Initialement, la phylogenèse exprimait sous une forme graphique les relations de parenté (la « généalogie » au sens de Charles Darwin entre les espèces d’un groupe donné. Elle reposait généralement sur l’analyse des caractères des espèces actuelles. Par la suite, la découverte d’un nombre croissant d’espèces fossiles a permis de compléter les phylogenèses par des données paléontologiques. L’expression graphique (sous forme d’un arbre phylogénétique) d’une phylogenèse accordait, jusque dans les années 1970, une large part à l’intuition et aux opinions des auteurs. Jetant les bases de la systématique phylogénétique en créant le cladisme l’entomologiste allemand Willi Hennig (1913-1976) a, dès 1950, fait entrer la construction des phylogenèses dans le domaine de la science.

http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/phylogen%C3%A8se/79490#ZrlETPc3gI6v2rkw.99

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