Les trous noirs : une source d’inspiration

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Si les trous noirs sont des événements célestes pouvant être considérés comme les créateurs du monde 1 et que l’eau de notre planète figure comme l’origine de la vie, ne pourrait-on pas établir un lien entre ces deux phénomènes d’ordre de grandeur diamétralement opposé ?

Dans notre monde terrestre, le culte de la source sacrée pure et génératrice de vie, logée au cœur même de la matière vivante, nous fait toujours penser au côté rare et précieux de l’essence même de notre biodiversité. Les trous noirs pourraient-ils avoir le même statut de source génératrice de «vie» stellaire  ? Pour que ces deux phénomènes puissent se comparer, il faut qu’ils possèdent au moins un dénominateur commun. Les ondes calorifiques pourraient bien être ce lien.

Constituée à 71% d’eau, notre planète possède seulement 1% d’eau douce, sans compter les pôles glacés. L’eau, en tant que molécule microscopique, se manifeste aussi dans un ordre de grandeur mésoscopique (la planète) et, grâce à ses phases (gazeuse, liquide et solide), transfère son potentiel de température en différentes masses thermiques (océan, nuage, calotte glacière). Celles-ci créent des atmosphères capables de soutenir la biodiversité en maintenant des températures idéales pour les plantes, les animaux, les hommes, etc. Les trous noirs, quant à eux, sont logés au cœur des soleils et au centre des galaxies avec le rôle de comprimer, de transformer et de régulariser le monde stellaire. Le cycle des trous noirs, contrairement à celui de l’eau, va du mésoscopique au macroscopique jusqu’à l’incommensurable. Les trous noirs supermassifs, au centre même des galaxies, ont le rôle d’absorber des chaleurs dépassant le million de degrés dans un univers proche du zéro absolu pour former un milieu incubateur cosmique capable de réunir des systèmes solaires dans une sorte d’atmosphère propice à l’émergence de différents événements astronomiques.Comme les trous noirs absorbent des soleils constitués à 90% d’hydrogène et que la molécule d’eau possède 66% d’atomes d’hydrogène, on pourrait dire que ces «milieux absorbants hydrogénés» adoptent des comportements similaires quant à leur développement magnétique lié aux ondes calorifiques. Par exemple, l’espace sidéral est en expansion dès lors que la température chute à des niveaux records (de -50 à -270 Kelvin) et se comprime quand la température monte aux abords des étoiles. L’eau de notre planète a elle aussi cette propriété d’être un volume en expansion dans le froid (la glace) et en contraction 2 dans la chaleur (la vapeur d’eau). Parmi tous les types de molécules découvertes jusqu’à présent, seule la molécule H2O possède ce comportement lors de modifications de température. Donc, l’eau a la possibilité de transférer son potentiel de température pour créer des espaces de vie et ainsi devenir un milieu incubateur à l’exemple des trous noirs qui compriment un soleil très chaud dans un espace excessivement froid et dense et deviennent ainsi un axe de développement magnétique.

L’eau de notre planète et les trous noirs ont aussi tous deux cette capacité d’être à la fois  contenant et contenu. En effet, l’eau participe à la formation d’une atmosphère considérée comme une masse thermique indépendante ayant ses propres règles de fonctionnement. Cette masse devient le contenant indispensable au développement de la matière vivante elle-même constituée, dans différentes proportions, d’un pourcentage d’eau.  Par analogie, le trou noir au centre d’une galaxie est à la fois le point de départ et le point d’arrivée de cette formation. Ce trou noir central, que l’on devrait plutôt appeler sphère noire, engendre une série d’expansions et de compressions de façon à former une masse magnétique critique qui contient des soleils ayant eux-mêmes en leur centre une sorte de sphère noire pulsante proportionnelle à leur grandeur. Si la molécule d’eau est la référence pour les associations moléculaires de notre planète, dans le simple fait de créer différents cycles de compression, d’expansion et d’autorégulation, le phénomène du trou noir fait sensiblement la même chose dans un ordre de grandeur qui dépasse notre entendement. Les deux phénomènes sont donc créateurs d’un environnement propice au rassemblement d’éléments ayant le même principe animateur au centre de leur composition.

Pour s’inspirer des trous noirs, qu’ils soient supermassifs, primordiaux ou stellaires, il faut regarder dans la loupe que fait la goutte d’eau pour voir comment notre réalité peut se comprimer dans une espace minuscule pour mieux participer à une nature grandiose, planétaire et même cosmique. Chaque être humain, par sa constitution aqueuse, devrait communiquer, sinon communier avec l’univers sidéral. Car, sans trop exagéré, si nous sommes faits d’hydrogène et que l’univers, comme les trous noirs, est à base d’hydrogène,  nous avons alors en nous la trace de ces milieux incubateurs que sont l’eau et les trous noirs et, peut-être, un rôle équivalent de réunir le microscopique avec le macroscopique dans une dimension à notre échelle. Reconnaître la multidimensionalité de notre monde, c’est y voir une source d’inspiration pour notre propre évolution, même s’il faut passer à travers l’obscurité pour mieux accélérer notre transformation et parvenir à des mondes encore inexplorés de notre propre dimension humaine.

1- Serge Brunier, «Trous noirs. Ils seraient les créateurs du monde», Science & vie, avril 2010, no1111, p.71.
2- La contraction dans la molécule d’eau vient du fait que les angles de laison des deux atomes d’hydrogène avec la molécule d’oxygène se rapprochent pour comprimer la molécule. Cet angle est le signe d’une augmentation de chaleur et inévitablement d’un changement de phase. Plus la molécule se comprime, plus elle déstabilise sa formation.

Michel Delage

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