Que voyez-vous dans cette image ?
Faire travailler son imagination ou jouer avec son monde imaginaire ?

Festival_jeu_27_webAu Festival Juste pour Rire, en juillet dernier, je proposais de « jouer » avec sa mémoire et son imagination en utilisant le jeu 55 ICÔNES, autant en famille qu’en petit groupes d’amis, en couple qu’en solitaire. Certains adultes m’ont dit, mi sérieux, qu’ils étaient en vacances et qu’il n’était pas question pour eux de « faire travailler » leur mémoire et encore moins leur imagination. La boutade était accompagnée par cette question d’importance capitale à leurs yeux : Y a-t-il quelque chose à gagner ? Est-ce à dire que « jouer » avec son imagination demande un effort tel qu’il peut devenir douloureux, voire pénible, s’il n’y a pas de contrepartie à l’effort ? La motivation ne serait pas au rendez-vous et n’aurait pas de sens en dehors d’un cadre professionnel prédéterminé ? Pourtant, notre monde imaginaire n’a pas ses assises dans un effort physique ou intellectuel défini à l’avance.  Dans la vie de tous les jours, l’imagination humaine carbure aux perceptions de toutes sortes et fonctionne pour rassembler et ordonner les multiples informations que nous enregistrons afin de leur donner rapidement un sens. Et, parfois, nous devons réactualiser dans un contexte particulier ce monde imaginaire lié à notre réalité sociale pour que le sens trouvé soit synchronisé avec les différentes composantes de notre environnement.

En y pensant bien, il y a effectivement quelque chose à gagner en « jouant» avec son monde imaginaire, mais pas nécessairement quelque chose de tangible comme un prix ou un trophée. Faire l’exercice d’aller dans son monde imaginaire est somme toute salutaire et même souhaitable pour avoir une autre vision de la réalité, pour communiquer et pour mieux se connaître. Notre monde imaginaire reste une zone en perpétuel développement qui, à l’exemple de nos rêves, a sa logique propre et redonne du sens à ce qui semble parfois cruellement en manquer.

Faire travailler son imagination est beaucoup plus que démarrer sa machine à réflexion pour faire un feu d’artifices de nouvelles idées et résoudre des problèmes. Faire travailler son imagination est une façon de reconnaître des dimensions qui nous appartiennent, mais qui  dorment dans les oubliettes de notre inconscient, en attente d’être réactivées.  Il se peut qu’il soit plus intéressant de comprendre comment nous développons ce processus imaginatif et de regarder la réalité sous différents angles, ne serait-ce que pour se divertir et prendre plaisir à l’utiliser plus souvent.

L’étymologie du mot « travail » est un déverbal de « travailler », issu du latin populaire « tripallaire », signifiant « tourmenter, torturer avec trepallium ». Au XIIe siècle, le mot désigne aussi un tourment (psychologique) ou une souffrance physique (le travail d’accouchement) Wikipédia.

Pourrait-on dire que faire travailler son imagination serait, pour certains, une source de tourment, pouvant ressembler à une sorte d’accouchement de l’esprit ? Est-ce que sortir ses idées de sa mémoire pour les mettre dans un nouvel ordre serait pénible parce que l’exercice est influencé par les jugements et les critiques des autres ? Pourtant, notre processus imaginatif fonctionne 24 heures sur 24, même à notre insu. Il ne faudrait donc pas considérer que ce processus naturel est une sorte de torture mentale, mais bien qu’il nous aide à augmenter la qualité de notre vision de la réalité. Notre imagination déjà en fonction dans notre tête depuis la première minute de notre naissance est prête à participer au développement de nos valeurs et de nos principes de vie, intégrant nos expériences, nos introspections et l’interprétation de nos perceptions. Mais quand il faut faire travailler son processus imaginatif en faisant dévier la liberté de pensée vers des objectifs trop matérialistes, il se peut que la souffrance s’installe et que le monde imaginaire devienne une zone dangereuse et remplie de mauvaises surprises.

Comme si nous tombions dans un sommeil profond tout en restant éveillé, notre imagination nous propose diverses visions de la réalité pour réinventer l’instant présent et découvrir que notre monde peut être réinterprété en une fraction de seconde. Établir un contact avec notre monde imaginaire, c’est avoir un accès direct avec ce qui peut nous aider à évoluer. Notre développement personnel ne peut se passer de cette zone où tout est possible et où tout peut se réorganiser à la demande.

http://www.55icones.com/services/intervention-dans-les-lieux-publics/

Michel Delage

pdficon_largeTéléchargez l’article en format PDF

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *