Statistiques sur les maladies mentales

Maladies mentales: un manque à gagner de 51 milliards

http://argent.canoe.ca/lca/affaires/canada/archives/2010/09/20100908-180434.html

Agence QMI 8 septembre 2010

Le nombre de jours de travail perdus à cause des maladies mentales génère chaque année un manque à gagner de 51 milliards $ pour l’économie canadienne. C’est ce que révèle une étude du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CTSM) publiée mercredi.

Selon le CTSM, une absence de courte durée pour cause de maladie mentale coûte en moyenne deux fois plus cher qu’une absence liée à une maladie physique. Pour une entreprise, ce coût s’élève à près de 18 000 $.

« Au cours d’une année, une compagnie de 1000 salariés peut s’attendre en moyenne à 145 cas d’invalidité. Seule une fraction de ces cas est liée à des maladies mentales, mais ce sont elles qui coûtent le plus cher à l’employeur», a expliqué Carolyn Dewa, du CTSM.

L’étude s’est intéressée aux absences de courte durée pour invalidité de 33 913 employés à plein temps. Les résultats montrent que le stress, le travail temporaire et à temps partiel, ainsi que l’incertitude quant à l’état de l’économie sont les catalyseurs privilégiés des maladies mentales.

Une autre étude de Desjardins Sécurité financière montre par ailleurs que les travailleurs canadiens se sentent de plus en plus stressés.

Près de 30 % des répondants se disent plus stressés que l’an dernier. La principale cause de stress est liée à des salaires jugés insuffisants (30 % des répondants), suivie par la surcharge de travail (37 % des répondants) et par le manque de reconnaissance (22 %).

Selon Carolyn Dewa, les entreprises devraient se soucier davantage de la santé mentale sur le lieu de travail et créer les conditions d’un meilleur équilibre entre travail et vie privée. Les compagnies pourraient, par exemple, offrir à leurs salariés des programmes de conditionnement physique et de gestion du stress.

« Il est important d’aider les travailleurs qui sont en congé maladie, mais il est surtout important que les entreprises fassent de la santé mentale et du bien-être une priorité afin d’éviter que ces maladies se déclarent », a-t-elle ajouté.

Santé mentale en bref : Qui est touché

http://www.acsm.ca/bins/content_page.asp?cid=6-20-23-43&lang=2

Qui est touché ?

  • Tous les Canadiens et toutes les Canadiennes sont indirectement touchés par la maladie mentale, serait-ce par un membre de famille, un ami ou un collègue.
  • 20 % des Canadiens et Canadiennes seront personnellement touchés par la maladie mentale au cours de leur vie.
  • La maladie mentale touche les personnes de tout âge, de tous niveaux scolaires et de revenu et de toutes cultures.
  • Environ 8 % des adultes éprouveront une dépression majeure à un moment quelconque durant leur vie.
  • Environ 1 % des Canadiens et Canadiennes éprouveront un trouble bipolaire (ou  » psychose maniaque-dépressive « ).

Est-elle répandue ?

  • La schizophrénie touche 1 % de la population canadienne.
  • Les troubles anxieux touchent 5 % de la population à domicile, causant un handicap léger à grave.
  • Le suicide représente 24 % de tous les décès chez les personnes âgées de 15 à 24 ans et 16 % chez les personnes âgées de 25 à 44 ans.
  • Le suicide est une des principales causes de décès chez les hommes et les femmes de l’adolescence à l’âge moyen.
  • Le taux de mortalité attribuable au suicide chez les hommes est quatre fois plus élevé que chez les femmes.

Quelles en sont les causes ?

  • Une interaction complexe de facteurs génétiques, biologiques, de personnalité et environnementaux cause les maladies mentales.
  • Près de la moitié (49 %) des gens estimant avoir déjà été atteints de dépression ou d’anxiété n’ont jamais consulté un médecin à ce sujet.
  • La stigmatisation rattachée aux maladies mentales présente un obstacle sérieux, non seulement pour le diagnostic et le traitement, mais également pour l’acceptation dans la communauté.
  • Les maladies mentales peuvent être traitées efficacement.

Quel est le fardeau économique ?

  • En 1998, on a estimé qu’au Canada les maladies mentales représentaient un fardeau économique d’au moins 7,9 milliards de dollars pour le régime de soins de santé – 4,7 milliards de dollars au titre de soins et 3,2 milliards de dollars au titre de l’invalidité et de décès prématurés.
  • On a dépensé un autre 6,3 milliards de dollars pour des services de santé mentale non assurés et pour absences du travail dues à la dépression et à la détresse, celles-ci non traitées par le biais du système de soins de santé.

En 1999, 3,8 % de toutes les admissions dans les hôpitaux généraux (1,5 million de jours d’hôpital) étaient attribuables à des troubles anxieux, des troubles bipolaires, la schizophrénie, la dépression majeure, des troubles de la personnalité, des troubles de l’alimentation et un comportement suicidaire

Faits concernant la maladie mentale chez les jeunes

  • Environ 10 % à 20 % des jeunes Canadiens sont touchés par une maladie mentale ou un trouble mental. Il s’agit des troubles les plus incapacitants au monde.
  • Aujourd’hui, environ 5 % des jeunes Canadiens et 12 % des jeunes Canadiennes ayant entre 12 et 19 ans ont connu un épisode dépressif majeur.
  • 3,2 millions de Canadiens ayant entre 12 et 19 ans risquent de développer une dépression.
  • Une fois la dépression diagnostiquée, 80 % des personnes malades recevant de l’aide peuvent reprendre leurs activités habituelles.
  • La maladie mentale menace de plus en plus la vie de nos enfants. Le taux de suicide chez les jeunes au Canada est le troisième plus élevé des pays industrialisés.
  • Le suicide est l’une des principales causes de décès chez les Canadiens de 15 à 24 ans, immédiatement après les accidents. Environ 4 000 personnes se suicident à chaque année.
  • La schizophrénie est la maladie la plus débilitante chez les jeunes comme elle est présente surtout dans le groupe des 16 à 30 ans. Environ 1 personne sur 100 en souffre.
  • Les problèmes mentaux chez les jeunes représentent la seconde dépense en soins hospitaliers au Canada après les blessures.
  • Au Canada, seulement 1 enfant sur 5 ayant besoin de services de santé mentale les reçoit.

Institut Douglas

http://www.douglasrecherche.qc.ca/page/reforme-sante-mentale

Sur l’île de Montréal, près de 142 000 personnes, soit 7,6% de la population, consultent chaque année les services de santé mentale offerts par le réseau de la santé. De ce nombre, 60% ont consulté pour des troubles qui, de façon générale, ne requièrent pas un environnement hospitalier.

Or, faute d’organisation des services de santé mentale dans des points de services généraux (en CLSC, par exemple), les hôpitaux psychiatriques -spécialisés dans le traitement de personnes aux prises avec de graves problèmes de santé mentale se voient dans l’obligation de répondre à un surcroît de demandes et cela a pour effet d’accroître les délais d’accès aux services.

Devant un tel constat, afin de répondre adéquatement aux besoins de la population, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a décidé d’apporter des changements majeurs pour améliorer l’accès et la continuité des services en santé mentale.
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