Stress post-traumatique

Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et la famille

Parlez, parlez, parlez!

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Qu’est-ce que le SSPT?

Le SSPT désigne une réaction psychologique à des événements traumatiques intenses, surtout lorsque la vie est menacée. Pour le personnel militaire, le traumatisme peut être lié à des opérations directes de combat, à une présence dans des zones de guerre dangereuses ou à une participation à des missions de maintien de la paix dans des conditions très éprouvantes et stressantes. Le SSPT peut toucher n’importe qui, quels que soient l’âge, le grade, le milieu culturel ou le sexe.

Le SSPT se caractérise par trois principaux groupes de problèmes pouvant être classés dans les catégories suivantes : l’intrusion, l’évitement et l’hyperéveil. Ces symptômes provoquent une détresse intense et peuvent donner lieu à des émotions telles que la culpabilité, la peur ou la colère. Ces symptômes affectent la capacité de la personne à fonctionner dans ses activités quotidiennes et auront donc un impact sur toute la famille.

Pour la plupart des gens, les symptômes disparaissent graduellement au fil du temps; néanmoins, pour des raisons qui ne sont pas encore claires, les symptômes persistent chez certaines personnes, qui peuvent continuer à en souffrir pendant des années. Il existe des traitements efficaces pouvant réduire les symptômes du SSPT de façon significative et améliorer les capacités à faire face à ce trouble. Si vos symptômes persistent ou s’aggravent, prenez des dispositions pour bénéficier d’une aide professionnelle. Un traitement précoce peut contribuer à éviter un stress de longue durée pour vous-même et votre famille et donne généralement lieu à de meilleurs résultats pour tous.

La voie du rétablissement nécessite de se renseigner sur la maladie, d’adopter des stratégies d’adaptation pour la personne qui a connu un traumatisme et la famille, d’avoir recours à une médication au besoin et à des services de consultation afin de réussir à gérer les symptômes et à composer, de façon efficace, avec les séquelles de l’expérience traumatique. Si vous demandez ou recevez de l’aide professionnelle et que vous êtes disposé à adopter une approche de résolution de problèmes face aux difficultés familiales qu’entraîne le SSPT, vous êtes sur la voie de la guérison.

Le rétablissement est une responsabilité partagée par la personne qui a connu un traumatisme, la famille et la collectivité des fournisseurs de services. Il est important de prendre conscience qu’une personne qui a connu un traumatisme connaît des changements physiques et psychologiques (des symptômes) qui rendent, au départ, le retour à la vie normale très difficile. Les réactions de la personne et les tentatives pour maîtriser ces changements entraînent souvent des comportements qui perturbent les membres de la famille. Ces derniers ne sont pas responsables de ces changements et sentent qu’ils ne sont plus maîtres de leurs émotions et de leur comportement; apprendre à vivre avec ces changements, de façon efficace, relève de leur responsabilité. Malgré la maladie, la personne peut toujours trouver des moyens de faire sa part en tant que conjoint ou parent. En même temps, la personne qui a connu un traumatisme aura besoin, pour se rétablir, de la patience, du soutien et de l’acceptation de sa famille et de ses amis.

Reconnaître les symptômes

Cette section fournit une brève explication des principaux symptômes présents chez les personnes ayant connu un traumatisme. Ce sont ces symptômes qui touchent directement ou indirectement les membres de la famille.

Les événements traumatiques ou un haut niveau de stress ressenti sur de longues périodes affectent les sentiments, le mode de penser et le comportement de la personne qui a connu un traumatisme. La section qui suit reprend ces trois niveaux d’impact dans le cadre de la description des symptômes associés au SSPT.

Les symptômes d’intrusion

Les souvenirs, les images, les odeurs, les bruits et les sensations associés à l’événement traumatique peuvent « envahir » la vie de la personne qui présente un SSPT. Il arrive que les sujets soient tellement habités par le souvenir de l’horreur vécue qu’ils éprouvent de la difficulté à se concentrer sur le moment présent. Ils déclarent être souvent envahis par des souvenirs pénibles de l’événement qu’ils souhaiteraient ne pas avoir. Ils peuvent faire des cauchemars liés au traumatisme ou à d’autres événements horribles; il arrive même qu’ils agissent pendant leur sommeil comme si le rêve était réel. Parfois, ils ont le sentiment d’assister à nouveau aux événements traumatisants; c’est ce que l’on appelle des « flashbacks », ou « reviviscence » de l’événement. Revivre ces situations douloureuses peut s’accompagner de réactions émotionnelles et physiques extrêmes telles que la peur, la frustration et la colère; la transpiration excessive, l’accélération du rythme cardiaque et la tension musculaire.

Des rappels environnementaux (des déclencheurs) jouent un rôle dans le déclenchement de ces souvenirs envahissants en rappelant une image, un bruit, une odeur ou un sentiment associé aux événements d’origine. Par exemple, un bruit intense peut être vécu comme un coup de feu ou une explosion de bombe.

Les symptômes d’intrusion

  • Souvenirs ou images pénibles de l’incident;
  • Cauchemars associés au traumatisme ou à d’autres événements horribles;
  • « Flashbacks » (reviviscence de l’événement);
  • Malaises ou sentiments de détresse suscités par un rappel de l’incident;
  • Symptômes physiques provoqués par un rappel de l’événement, tels que la transpiration, l’accélération du rythme cardiaque ou la tension musculaire.

Comment vos enfants peuvent-ils être affectés?

Les symptômes du SSPT exercent un stress supplémentaire sur le rôle de parent; la personne qui présente un SSPT voit sa capacité de répondre aux besoins des enfants rudement mise à l’épreuve. Les éléments qui suivent se veulent des pistes de réflexion structurées sur les besoins fondamentaux de vos enfants. Ainsi, demandez-vous s’il existe des situations, dans votre famille, qui vous empêchent de combler les besoins des enfants. Dressez une liste de ces exemples et parlez-en avec votre conjoint. Évaluez si des mesures s’imposent; notez la fréquence des événements similaires et les réactions de votre enfant. Le cas échéant, dressez un plan pour changer la situation. Lisez les idées proposées dans la section « Que pouvez-vous faire? » afin de vous aider à voir clair.

Besoins physiques :

Les perturbations dans la routine familiale qui peuvent avoir des incidences sur les besoins physiques des enfants comprennent :

  • les horaires des repas et la cantine scolaire;
  • les possibilités d’activité physique;
  • les horaires réguliers de sommeil.

Besoins psychologiques et émotionnels :

Les besoins psychologiques et émotionnels qui peuvent être réprimés à la suite de changements survenus dans votre situation comprennent :

  • l’expression d’affection, les besoins de rapprochement;
  • la communication ouverte;
  • la structure et les habitudes à la maison;
  • la confiance et la sécurité;
  • le plaisir, les loisirs et la détente.

Besoins sociaux :

Les traditions familiales et la participation aux activités communautaires qui peuvent être perturbées comprennent :

  • recevoir les amis des enfants à la maison pour jouer, regarder des films, par exemple;
  • les activités familiales sociales comme les anniversaires, les promenades, les rituels de congé;
  • la participation aux activités communautaires telles que les scouts ou les guides, la chorale, les clubs de jeunes.

Besoins intellectuels :

Les possibilités de soutien et de stimulation sur le plan intellectuel qui peuvent être perturbées comprennent :

  • la présence à l’école maternelle et à l’école;
  • la lecture aux enfants;
  • l’aide pour les devoirs;
  • les jeux de table et les passe-temps;
  • les visites à la bibliothèque, aux musées.

Besoins spirituels :

Les valeurs familiales importantes qui peuvent être mises de côté comprennent :

  • le partage, la disponibilité, l’équité dans la famille;
  • la participation à l’école du dimanche et aux services religieux;
  • l’aide aux personnes dans le besoin.

Il n’y a pas de famille parfaite. Mettez en valeur ce que vous avez réussi à accomplir malgré le stress et les perturbations de la vie de famille. Souvenez-vous également que les enfants sont de nature assez souple, qu’ils peuvent s’adapter aux changements et qu’ils se sentent en sécurité quand ils savent que maman et papa ont la situation en main; n’oubliez pas que vous devez parler d’une même voix et agir ensemble pour résoudre les problèmes quotidiens.

Que pouvez-vous faire?

Les parents jouent un rôle de premier plan dans la satisfaction des besoins de leurs enfants et les aident à mieux gérer le stress dans leur vie en leur procurant un milieu de vie physique et émotionnel favorable. Voici, tout d’abord, quelques idées pour créer un milieu de vie favorable.

  • Accordez régulièrement à vos enfants toute votre attention et tout votre temps, même si ce n’est pas pour très longtemps. Jouez avec eux, faites-leur la lecture, faites des promenades ou d’autres activités agréables avec eux. Demandez-leur comment ils vont.
  • Recherchez le soutien de la famille et des amis. Répondez à certains besoins de vos enfants en vous occupant d’eux; sachez miser sur les relations positives qu’ils entretiennent avec d’autres parents, la famille, des amis ou des voisins.
  • Offrez un milieu sécurisant en maintenant les habitudes quotidiennes, dans la mesure du possible.
  • Toujours dans la mesure du possible, essayez de rétablir les traditions familiales qui existaient avant les événements à l’origine d’un SSPT; par exemple, avant de tomber malade, la personne ayant connu un traumatisme avait-elle l’habitude de préparer un déjeuner spécial aux crêpes, le dimanche? De lire des histoires aux enfants avant l’heure du coucher? De les aider à faire leurs devoirs?
  • Incitez les enfants à se concentrer sur ce qu’ils aiment et à participer à des activités parascolaires et communautaires.
  • En tant que parents, discutez ensemble de la façon dont vos enfants pourraient, sans le vouloir, déclencher des souvenirs d’intrusion (en claquant une porte par exemple, en criant, .. etc.). Discutez des moyens permettant de réduire les risques de tels incidents. Essayez différentes approches, parlez-en et redressez la situation, le cas échéant.
  • Prenez soin de vous. Pratiquez la pensée positive et l’autopersuasion. Apprenez à faire des exercices de relaxation musculaire et de respiration, et ayez recours à d’autres techniques pouvant vous aider à mieux composer avec la situation. Réduisez vos attentes. Trouvez des sources de soutien, faites des pauses, faites de la gymnastique, suivez un régime sain et maintenez un bon état de santé général. Continuez de voir le médecin. Communiquez avec votre unité locale de santé publique ou de santé mentale pour vous informer davantage sur la réduction du stress. En prenant soin de vous, vous serez mieux outillé pour aider vos enfants.

Demandez une aide professionnelle si vous êtes inquiet ou si vous vous sentez incapable de gérer les réactions et les comportements de votre enfant, ou si vous éprouvez des émotions intenses telles que la peur, la colère, la dépression, des problèmes au travail ou d’intimité, des problèmes d’abus d’alcool ou d’autres drogues.

Quoiqu’il arrive, souvenez-vous qu’il n’est jamais trop tard pour demander de l’aide pour vous-même et pour vos enfants.

Comprendre et répondre aux besoins psychologiques et émotionnels de vos enfants

Nous allons maintenant nous intéresser aux besoins psychologiques et émotionnels de vos enfants car, dans les familles qui connaissent un stress, c’est sur ce plan que les impacts les plus directs sont observés. C’est également à cette étape que les familles demanderont, selon toute probabilité, davantage de renseignements et de soutien. Nous essaierons d’adopter le point de vue de l’enfant, et nous vous encourageons à faire de même quand vous chercherez à aider votre enfant.

Lorsque l’on a diagnostiqué un SSPT chez un parent et que la situation a changé à la maison, les enfants en subissent les conséquences; un problème grave dans la famille ne saurait leur échapper. Ils sont perspicaces et ils savent reconnaître les changements physiques ou émotionnels qui s’opèrent chez leurs parents; dans ce cas, ils tenteront de les expliquer et chercheront une solution. En même temps, ils peuvent, dépendant de l’âge, ne pas avoir les connaissances ni le vocabulaire leur permettant de bien saisir la situation. Il n’est alors pas surprenant qu’ils arrivent souvent à des conclusions telles que :

  • « Je suis méchant; je suis puni pour quelque chose que j’ai fait. »
  • « Je suis responsable; si je suis encore plus gentil, maman ou papa ira mieux. »
  • « J’ai peur; papa ou maman va peut- être mourir. »
  • « Je suis inquiet; je vais attraper cette maladie… comme une grippe. »
  • « Je suis confus; cette maladie est-elle héréditaire? »
  • « Je suis dans un étau; poser des questions à mes parents au sujet de ce qui se passe les gênera, aggravera la situation. »
  • « J’ai peur de demander de l’attention, du soutien, de l’affection. Puis-je encore être un enfant? »
  • « Je suis en colère; on ne s’occupe plus de moi. »

Dans leurs tentatives de comprendre une situation et de se l’expliquer, les enfants, sans l’aide d’un adulte, peuvent s’en faire inutilement et devenir confus.

Parlez, parlez, parlez!

La plus grande leçon à tirer de cet exemple c’est qu’il vous faut parler à vos enfants afin de les aider à s’adapter aux changements. Expliquer clairement ce qui arrive, pourquoi cela arrive, ce que l’on fait pour remédier à la situation et demander ce que cela signifie pour eux aide considérablement vos enfants à composer avec la situation et contribue à atténuer leur chagrin et leur inquiétude. Il s’agit d’un processus évolutif au cours duquel vous devrez trouver le temps de discuter avec vos enfants de leurs problèmes et de leurs inquiétudes. Vous aurez peut-être même à répéter des notions de base et à redire des paroles réconfortantes. Cela permettra à l’enfant de ne pas s’en faire inutilement.

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